LES BRÛLEURS…LES HARRAGAS

LES BRÛLEURS…LES HARRAGAS

Les brûleurs….Ils attendent  tapis dans le noir, des nuits entières dans un froid glacial ou une chaleur insupportable le bon vouloir des passeurs. Il sont déjà brûlé tous leurs papiers pour que personne ne puisse retrouver la trace de leur pays d’origine et donc de les rapatrier.Ils n’ont plus sur eux un sou vaillant car ils ont épuisé toute la ressource financière familiale,déjà très pauvre,pour pouvoir partir.Ils ont tout donné aux passeurs…

Brûler comme on dit par ici c’est aussi partir,atterrir quelque part ou ils pensent qu’il fait mieux vivre….En brûlant leurs papiers d’identité pour ne plus revenir ,ils ne sont plus personne.

Tous silencieux,humbles,humiliés…Ils savent que la mort les guette.Si ce n’est pas la maladie,ce serait le froid,ou un canoë trop rempli de brûleurs  et de “brûleuses” silencieux,humbles.Leur vie est menacée par la soif,la faim ou l’humeur tueuse du passeur qui les jettera par dessus bord,loin trop loin des côtes.S’ils ont la chance d’arriver à bon port,les autorités  les cueilleront et les mettront derrière des hauts murs infranchissables ne sachant trop quoi en  faire .En attendant peut-être de les renvoyer à leur pays d’origine s’ils arrivent à connaitre leurs nationalités.

C’est des hommes désespérés  qui ont  traîné des années durant, dans les rues de leur village ou ville n’ayant trouvé aucune place ,dans une société qui les a rejetés pour diverses raisons ,y compris parce qu’elle ne peut pas leur fournir un travail décent.Ils se sentent humiliés,transparents,invisibles,exclus.

Ils cherchent une reconnaissance sociale qu’on ne leur donnera jamais,une identité , une dignité dont ils ont été spoliés ,une conscience car la leur est vacillante presque mourante.Ils ont faim de tout.C’est les” harraga”…

De toutes les façons,ils n’ont plus rien à perdre et plus rien à gagner.S’ils arrivent à passer c’est tant mieux,s’ils meurent c’est aussi bien…Ils ne supportent plus leur misérable vie…

Ils ont écumé les ports et ont passé des mois à regarder partir les gens et les marchandises,ils ont échafaudé des plans pour monter clandestinement sur un des cargots ,mais tout est si bien gardé….Certains pourront le faire ,mais plus jamais on n’entendra parler d’eux…

Ils se font ,la plus part du temps, jeter en pleine mer….C’est les sans voix,on parle d’eux pour compter leurs cadavres,ou les regarder pourrir dans des hangars. L’opulence de l’occident les fascine .Ce qu’ils recherchent c’est un travail décent,des soins adéquats pour eux et pour leur famille,une scolarisation pour leurs enfants,une voiture et une retraite pépère après une dure vie de labeur,dont ils pourront se plaindre ou se vanter,selon les circonstances,quand ils seront vieux..

Ils veulent simplement une vie…

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